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CONSTRUIRE / DÉCONSTRUIRE

Pierre Clement – David De Beyter – Edith Dekyndt – Isabelle Ferreira – Daiga Grantina – Charlie Jeffery – Marie Lelouche – Florian Pugnaire – Géraldine Py – Roberto Verde – Kevin Rouillard – Benjamin Sabatier – Tatiana Wolska – Anne Charlotte Yver

du 20.05. au 09.07.2017

“Ce sont en tout 15 artistes qui ont été invités pour ce projet d’exposition au tout jeune et vigoureux espace d’exposition Studio Delta. Un projet qui nait sous la houlette de  Boris Lafargue, de Renato Casciani ainsi que de Jean David Deheunynck . Cette exposition s’inscrit tout naturellement dans la Nuit des Arts de la ville de Roubaix qui se déroule le 20 mai 2017.

Construire / déconstruire, mouvement de l’un vers l’autre, de l’un à l’autre ou bien ensemble. Une légère torsion ou un geste radical, en tout cas quelque chose qui laisse surgir. Alors oui, cette conception vient de loin, de Jacques Derrida, incontournable, mais de Sigmund Freud aussi qui laisse émerger le sens derrière le flot de parole, derrière les mots. La structure derrière l’apparence, voire l’apparat. Cela vient du texte qui se laisse lire dans sa structure. D’une pratique qui se laisse voir comme pratique émergeant de façon sous-jacente. D’un processus en dessous qui surgit grâce aux gestes, d’une apparence qui se fissure pour laisser advenir la structure. Car déconstruire n’est pas détruire (une problème de traduction que se posait déjà Derrida à la lecture de Heidegger). Ce serait plutôt défaire les éléments pour les rendre lisibles et les agencer différemment, mettre à nu des dualités implicites qui figent nos pensées dans les structures traditionnelles.

Les gestes artistiques qui œuvrent ici poussent la violence des actes dans les confins de la délicatesse du sens et dans un éventail de probables. Alors l’exposition se dessine dans les paradoxes comme dans la brutalité apparente des choses tout en dévoilant les modalité de production des œuvres. Le geste violent, les matériaux bruts, la gravité des situations, tout cela répond aux équilibres précaires, au délitement de la matière, à la révélation d’une beauté dans le souffle d’une explosion. Alors ce sont tous ces enjeux aux apparences antagonistes qui agissent dans leur variables et dans la variété des propositions. Il n’est donc pas ici question de témoigner d’oppositions mais bien plus de révéler un champ des possibles. De nouvelles technologies côtoient des matériaux naturels quand une forme de brutalisme – qui n’est pas sans évoquer l’architecture même – s’émeut d’une évanescente lumière. La multiplicité des sens irrigue chacune des propositions et leur rencontre en décuple les potentiels en latence.

Mouvement au cœur duquel « puissante énergie, équilibre précaire et humble ré-enchantement se côtoieront donc dans un pas de danse (…) comme un tango, sensuel et frénétique » espère Renato Casciani, commissaire d’exposition. Décloisonnement et dissémination œuvrent de façon sous-jacente dans cette exposition, une énergie du processus lisible dans les actes comme dans les traces. Un hommage à l’altérité, à l’autre, aux différences qui viennent charmer ce monde et l’ouvrir, en délivrer l’intelligence par les rencontres et dialogues en partance.”

Texte Laurence Gossart © 2017